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L'argent qui dort dans votre société

Laisser l'argent dans la société est souvent le bon réflexe. La question qui suit, celle qu'on oublie, porte sur ce que cet argent fait pendant qu'il y reste.

Si vous exercez en société, vous avez sans doute entendu ce conseil: laissez l'argent dans la société, sortez seulement ce dont vous avez besoin. Votre comptable a de bonnes raisons de le dire, et dans bien des cas il a raison. Mais ce conseil répond à une seule question, celle du moment où l'argent sort. Il n'en pose pas trois autres.

Première question: cet argent sert à quoi? Dans la plupart des sociétés que nous voyons, un même compte porte trois objectifs qui ne se ressemblent pas: la retraite de la personne, une réserve pour les années creuses, et parfois les études des enfants ou un projet. Trois objectifs, trois horizons, trois façons de placer. Tant qu'ils sont mélangés, aucun n'est bien servi. La première décision est de les séparer, au moins sur papier, et de dire combien va où.

Deuxième question: qu'est-ce que le revenu de placement change pour la société? Une société qui accumule des placements gagne un revenu de placement. Ce revenu est imposé selon ses propres règles, et au-delà d'un certain niveau, il peut réduire l'accès de la société au taux d'imposition réservé aux petites entreprises. Nous n'écrivons pas les seuils ici parce qu'ils changent et parce qu'ils se lisent dans votre dossier. Ce qu'il faut retenir: la façon de placer le surplus a un effet sur l'impôt de la société, pas seulement sur le rendement du placement. La décision de placement et la décision fiscale sont la même décision.

Troisième question: salaire, dividendes, et dans quelle proportion, cette année? La réponse dépend de vos besoins personnels, de l'espace REER que vous voulez créer, de ce que la société conserve et de ce que le revenu de placement lui fait. Elle se prend pour une année, avec votre comptable, et elle se reprend l'année suivante. Une règle fixe, appliquée chaque année sans regarder, est rarement la bonne deux années de suite.

Ce que fait un plan écrit, ici. Il sépare les objectifs, il fixe ce que chacun demande par année, il décide la rémunération de l'année avec le comptable, et il donne au surplus une politique de placement qui tient compte de la société, pas seulement d'un profil de risque. Ensuite, il revient chaque année pour reprendre les trois questions.

Hypothèses et limites. Cet article vise une société privée sous contrôle canadien détenue par un professionnel ou un entrepreneur, au Québec. Les règles sur le revenu de placement et sur la rémunération dépendent de votre situation et se vérifient avec votre comptable; rien ici ne constitue un avis fiscal.

Cette perspective est éducative. Elle ne tient pas compte de votre situation et ne constitue pas une recommandation.

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