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Le premier plan de retraite: par où commencer

«On pense avoir assez» est une phrase qu'on entend à presque toutes les premières conversations. Voici comment un plan transforme cette impression en réponse, et pourquoi il commence par la dépense, pas par l'épargne.

La plupart des gens abordent la retraite par ce qu'ils ont: le REER, le CELI, la maison, le régime de l'employeur. C'est naturel, et c'est la mauvaise porte. Un plan de retraite commence par ce que la retraite doit payer. Le reste en découle.

D'abord, ce que ça coûte. Le nécessaire par mois aujourd'hui, les projets des premières années, la réserve que vous voulez garder intacte, et ce que vous voulez laisser, si vous le savez déjà. Ces quatre montants, écrits, valent plus que n'importe quel relevé. Ils fixent la cible. Sans cible, un portefeuille n'a pas de raison d'être construit d'une façon plutôt qu'une autre.

Ensuite, d'où viendra l'argent, et dans quel ordre. Régime d'employeur, Régime de rentes du Québec, pension de la Sécurité de la vieillesse, REER ou FERR, CELI, placements non enregistrés, société, immobilier: chaque source a sa fiscalité et son moment. Deux personnes avec les mêmes montants peuvent avoir deux ordres de retraits différents, parce que leurs revenus de pension, leur âge et leur situation de couple ne sont pas les mêmes. L'ordre des retraits pèse lourd dans les cinq premières années, et c'est une décision qu'on prend souvent par défaut.

Puis, le moment des rentes publiques. Demander le RRQ et la PSV tôt ou tard est une décision qui se prend avec le plan devant soi, pour chaque conjoint, pas avec une règle générale. Elle dépend de vos autres revenus, de votre santé, de ce que vous voulez transmettre. Le plan montre les deux chemins; vous choisissez.

Ce que le plan ne fait pas. Il ne prédit rien. Une projection repose sur des hypothèses, longévité, inflation, rendement, que vous voyez et que nous refaisons quand elles changent. Nous planifions jusqu'à 95 ans, pas jusqu'à une moyenne, parce que le risque qui coûte le plus cher n'est pas de mourir trop tôt.

Et le portefeuille? Il vient après. Ce qui doit servir dans deux ans ne se place pas comme ce qui servira dans vingt. Une fois la cible et l'ordre des retraits connus, le portefeuille se construit pour les suivre. C'est l'inverse du réflexe habituel, et c'est la raison pour laquelle un plan écrit change la conversation.

Hypothèses et limites. Cet article s'adresse aux résidents du Québec qui approchent de la retraite ou qui y sont. Les règles des régimes publics, du REER, du FERR et du CELI dépendent de votre situation et de l'année; rien ici ne constitue un avis fiscal ni une projection de votre situation.

Cette perspective est éducative. Elle ne tient pas compte de votre situation et ne constitue pas une recommandation.

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